Gastornomie | à propos | Soupe d’ail contre soupe à l’oignon

Gastronomie? Non, Gastornomie!

Une goutte de dyslexie gustative, dans un bol d'umami.

Mon père qui était sourd et un peu myope adorait lire les paroles des chansons qu’il n’entendait pas. Sa chanson favorite était Le téléfon de Nino Ferrer, surtout pour son refrain qui le faisait beaucoup rire :
Gaston y'a l'téléfon qui son'
Et y'a jamais person' qui y répond

Le problème est que sa myopie lui faisait lire Gastor et non Gaston.

Ma mère, était beaucoup plus myope que mon père mais moins sourde que lui. Les seules voix qu’elle arrivait à entendre étaient celles des contre-ténors comme Alfred Deller ou Klaus Nomi. Elle adorait ce dernier qu’elle prenait pour une fille et dont elle écrivait le nom avec un e à la fin : Nomie.

Mon père voulait un garçon et ma mère, une fille. Tandis qu’ils me cherchaient un prénom, mon père choisi Gastor et ma mère dit Nomie. Pour éviter les disputes ce fut Gastornomie.

Je vous l'accorde, c'est une bien étrange histoire!

Étrange histoire, d’autant plus qu’avec cet aptonyme, tout comme les courses l’étaient pour Omar Sharif, la gastronomie... c’est ma grande passion. Sans doute grâce à ces parents sourds et myopes qui sont d’une génération qui considérait le repas et sa préparation comme un plaisir, un moment partagé et non une contrainte à expédier le plus vite possible.

Au souvenir de ma première histoire d’amour, j’associe le goût des chichis qu’elle vendait sur la plage, à celui des dimanches passés chez mes grands-parents en Auvergne, l’odeur de la potée qui mijotait des heures durant et celle de la fritta m'évoque des voyages en voiture avec mes parents.

La gastronomie n'est pas une religion, c'est de l'amour.

Allez! A table!


Les accords mets-vin
Le voyage à la ciotat
Boire du pain
La transmission des recettes
L'aero-mint de Proust
Les chips snobs
Le Saint Nectaire du bonheur
La dorade du bonnheur
Lagrein, Schiava et Törggelen
Les harengs de la Baltique
L'huitre et l'espuma, aventures gustatives à San Francisco
Menu


La gastronomie officiellement

Que nous disent les dicos sur la gastronomie?
Le petit Robert nous dit :
Gastronomie - [gastʀɔnɔmi] nom féminin.
(du grec, de gastêr → gastéro- et nomos → -nomie) Art de la bonne chère (cuisine, vins, ordonnance des repas, etc.). puis il nous cite Brillat-Savarin « La gastronomie est la connaissance raisonnée de tout ce qui a rapport à l'homme, en tant qu'il se nourrit ».

Le Larousse qui publie aussi une somme "Le grand Larousse gastronomique":
Gastronomie : Connaissance de tout ce qui se rapporte à la cuisine, à l'ordonnancement des repas, à l'art de déguster et d'apprécier les mets. suivi d'une citation de Daudet : « Les seules ententes internationales possibles sont des ententes gastronomiques.»

L'encyclopédie Universalis est, justement encyclopédique et consacre plus d'une dizaine de pages à la gastronomie avec une bibiographie qui cite Apicius, BRILLAT-SAVARIN, Escofier et quinze autres ouvrages.
Introduction de la rubrique :
« Les récits de voyages ainsi que les textes littéraires offrent une grande variété de documents décrivant les techniques de consommation, le choix et la préparation des aliments, l'acquisition et la transmission des savoir-faire culinaires. Les traditions et novations, les cycles journaliers ou saisonniers des régimes alimentaires font l'objet soit de discours esthétiques et littéraires, soit d'observations attentives et de constructions théoriques qui relèvent des sciences de l'homme. Mais la gastronomie est aussi affaire de casseroles et de fourneaux...»

Le repas gastronomique des Français

Je n'oublie pas le descriptif de l'inscription de la gastronomie Française sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de L'Unesco:
Le repas gastronomique des Français est une pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes, tels que naissances, mariages, anniversaires, succès et retrouvailles. Il s’agit d’un repas festif dont les convives pratiquent, pour cette occasion, l’art du « bien manger » et du « bien boire ». Le repas gastronomique met l’accent sur le fait d’être bien ensemble, le plaisir du goût, l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature. Parmi ses composantes importantes figurent : le choix attentif des mets parmi un corpus de recettes qui ne cesse de s’enrichir ; l’achat de bons produits, de préférence locaux, dont les saveurs s’accordent bien ensemble ; le mariage entre mets et vins ; la décoration de la table ; et une gestuelle spécifique pendant la dégustation (humer et goûter ce qui est servi à table). Le repas gastronomique doit respecter un schéma bien arrêté : il commence par un apéritif et se termine par un digestif, avec entre les deux au moins quatre plats, à savoir une entrée, du poisson et/ou de la viande avec des légumes, du fromage et un dessert. Des personnes reconnues comme étant des gastronomes, qui possèdent une connaissance approfondie de la tradition et en préservent la mémoire, veillent à la pratique vivante des rites et contribuent ainsi à leur transmission orale et/ou écrite, aux jeunes générations en particulier. Le repas gastronomique resserre le cercle familial et amical et, plus généralement, renforce les liens sociaux.

Ma version de la Gastronomie est un mélange de tous ça, disons que je fais ma propre cuisine.